Appel à Communs ADEME 2026 : coopérer pour accélérer l'électrification et l'adaptation des territoires

23/7/2026
Appel à Communs ADEME 2026 : coopérer pour accélérer l'électrification et l'adaptation des territoires

Un dispositif public discret vient d'ouvrir une nouvelle fenêtre d'opportunité pour les collectivités et les entreprises engagées dans leur transition écologique. L'ADEME a lancé, début juillet 2026, la quatrième édition de son Appel à Communs : un mécanisme de financement collaboratif encore méconnu, mais dont les résultats accumulés depuis 2021 méritent l'attention des dirigeants de PME/ETI comme des élus territoriaux.

Qu'est-ce qu'un appel à communs, et pourquoi l'ADEME en fait un pilier de sa stratégie ?  

Un "commun" numérique désigne un outil ouvert (logiciel, base de données, méthode, calculateur...) développé collectivement et mis à disposition librement de tous ses usagers, plutôt que détenu et facturé par un acteur unique. L'idée sous-jacente : plutôt que chaque collectivité ou chaque entreprise développe, seule et à ses frais, son propre outil de cartographie des risques ou son propre calculateur d'empreinte carbone, un consortium d'acteurs publics et privés finance un outil mutualisé, accessible à tous les territoires qui en ont besoin.

Depuis 2021, l'ADEME et ses partenaires ont soutenu 70 communs à travers trois éditions successives de cet appel à projets. La troisième édition, dont le bilan vient d'être publié, illustre l'ampleur prise par le dispositif : plus de 100 candidatures reçues, 25 communs sélectionnés pour un accompagnement technique et financier, représentant 1,4 million d'euros mobilisés par l'ADEME et 190 000 euros supplémentaires apportés par la Fondation Macif, partenaire associé au dispositif.

Un chiffre qui mérite d'être souligné pour un dirigeant ou un élu qui hésiterait encore à s'y intéresser : sur trois éditions, le taux de sélection reste sélectif, ce qui garantit un niveau d'exigence et de qualité aux communs finalement soutenus. Un gage de fiabilité pour qui envisage de les utiliser une fois disponibles.

Quels sont les trois défis de la quatrième édition ?  

Lancée début juillet 2026, cette nouvelle édition s'articule autour de trois défis, choisis pour leur pertinence immédiate face aux transformations réglementaires et climatiques en cours :

  • Électrification : faciliter le plan national d'électrification que l'État vient de lancer pour accélérer la décarbonation de l'économie française. Les outils attendus pourraient concerner le dimensionnement des besoins électriques territoriaux, la priorisation des raccordements, ou l'anticipation des besoins de réseau.
  • Adaptation : favoriser la coopération entre acteurs pour mieux s'adapter au changement climatique. Ce défi s'inscrit dans la continuité des enjeux déjà documentés par le Haut Conseil pour le Climat sur les budgets verts territoriaux et par les travaux sur la sinistralité climatique croissante des collectivités.
  • Affichage environnemental : faciliter l'adoption du coût environnemental par les consommateurs, un chantier réglementaire dans lequel plusieurs distributeurs (E.Leclerc/Scamark en tête) ont déjà commencé à s'engager sur le terrain.

Ces trois défis ne sont pas choisis au hasard. Ils recoupent directement les préoccupations opérationnelles que rencontrent aujourd'hui les entreprises et les collectivités : comment dimensionner ses besoins électriques dans un contexte de tension sur les réseaux, comment anticiper des risques climatiques de plus en plus coûteux à assurer, et comment se conformer à une réglementation d'affichage environnemental encore en construction.

Qui porte ce quatrième appel à communs ?  

L'ADEME ne pilote pas seule ce dispositif. La quatrième édition rassemble un consortium large, révélateur de l'ampleur des enjeux couverts :

  • Eclipse Foundation, fondation internationale spécialisée dans les logiciels open source
  • Enedis, gestionnaire du réseau de distribution électrique
  • France Renouvelables, syndicat professionnel des énergies renouvelables
  • l'IGN, Institut national de l'information géographique et forestière
  • Météo-France
  • l'Office français de la biodiversité (OFB)
  • l'Union Française de l'Électricité (UFE)

Cette diversité de partenaires (opérateurs de réseau, données géographiques et météorologiques, biodiversité, filière renouvelable) donne une indication du type d'outils que cette édition pourrait faire émerger : des communs qui croisent données territoriales, énergétiques et climatiques plutôt que des outils cloisonnés par filière.

Comment candidater, et à qui s'adresse ce dispositif ?  

Le premier relevé des candidatures est fixé au 1er septembre 2026, 18h. Le dispositif s'adresse à tout porteur de projet (association, entreprise, collectivité, consortium) disposant d'une idée de commun numérique répondant à l'un des trois défis énoncés. L'accompagnement proposé ne se limite pas à un financement : il inclut un appui technique, ce qui distingue ce dispositif d'un simple guichet de subvention.

Pour une entreprise ou une collectivité qui travaille déjà sur l'adaptation climatique de son territoire ou sur la fiabilisation de son alimentation électrique, deux postures sont possibles. La première consiste à candidater directement, si un besoin d'outil mutualisé a été identifié en interne et qu'une capacité de développement, même partielle, existe pour le porter. La seconde, plus accessible à court terme, consiste à suivre l'émergence des communs sélectionnés pour, une fois disponibles, les intégrer dans sa propre stratégie de transition, évitant ainsi de financer en interne un développement déjà couvert par un outil ouvert.

Quel lien avec la stratégie de transition d'une entreprise ou d'un territoire ?  

Ce dispositif s'inscrit dans une tendance de fond que nous documentions déjà à propos des réseaux électriques et de la biodiversité : la transition écologique ne se joue plus seulement à l'échelle de chaque acteur pris isolément, mais dans sa capacité à s'appuyer sur des outils, des données et des méthodes partagées avec d'autres. La souveraineté d'un territoire, sa capacité à piloter sa propre trajectoire de transition sans dépendre exclusivement de prestataires privés coûteux, passe paradoxalement par la coopération plutôt que par l'isolement.

Concrètement, un commun financé sur le défi électrification pourrait, demain, permettre à une collectivité de dimensionner ses besoins de raccordement sans recourir à un bureau d'études facturé au prix fort. Un commun sur l'adaptation pourrait fournir une base de données croisant aléas climatiques locaux et vulnérabilité des infrastructures, utilisable gratuitement par toute commune, quelle que soit sa taille.

Mais accéder à un outil ouvert ne suffit pas à en tirer parti. Encore faut-il savoir précisément quels besoins de son territoire ou de son entreprise ces outils viennent couvrir, et dans quel ordre les mobiliser au regard de ses propres priorités de transition. C'est précisément l'objet du Diag Mecoa : établir un diagnostic territorial ou entrepreneurial qui identifie les vulnérabilités prioritaires, qu'elles concernent l'électrification, l'adaptation climatique ou la conformité réglementaire, avant de chercher les outils, publics ou privés, les plus pertinents pour y répondre. Pour les collectivités et entreprises qui souhaitent aller plus loin dans la mise en œuvre opérationnelle de leur stratégie, LUM-Transition complète cet accompagnement par un appui concret sur le terrain.