En 2025, le rapport de l'IPBES — la plateforme intergouvernementale d'experts sur la biodiversité, souvent comparée au GIEC pour le vivant — a réaffirmé ce que beaucoup savent sans encore l'intégrer dans leurs décisions : la croissance mondiale s'est construite au prix d'une perte de biodiversité qui représente désormais un risque critique pour l'économie. Pas un risque éthique. Un risque économique.
La semaine dernière, Les Échos ont publié un dossier sur les initiatives de coopération territoriale en faveur de la biodiversité. Des phoques moines sauvés en mer Ionienne grâce à la collaboration entre des universités, une agence gouvernementale et des pêcheurs locaux. Un parc éolien offshore installé à Saint-Nazaire en mobilisant des techniques issues du forage pétrolier pour protéger les fonds marins. Des signaux positifs qui montrent tous la même chose : quand ça fonctionne, ce n'est jamais grâce à un seul acteur.
Les outils existent. Le problème n'est pas là.
Ce qui frappe, quand on accompagne des PME et des collectivités sur ces sujets, c'est que les outils ne manquent pas. L'Office français pour la biodiversité, le Cerema, les Centres permanents d'initiatives pour l'environnement, l'association Orée, ANBDD... les interlocuteurs compétents sont nombreux, souvent accessibles, parfois gratuits. Les outils de cartographie des enjeux se sont multipliés. Les Atlas de la biodiversité communale, que plusieurs intercommunalités nous demandent d'accompagner, fournissent des données d'une précision croissante.
Et pourtant, dans la grande majorité des PME et des collectivités que nous rencontrons, la biodiversité reste traitée en marge : une ligne dans un rapport RSE, un engagement déclaratif dans un PLUi, rarement une intégration réelle dans les décisions opérationnelles. Pourquoi ?
Parce que la méthode fait encore défaut
La biodiversité est un sujet transversal par nature (Nature !). Il touche à l'usage des sols, à la gestion de l'eau, aux pratiques agricoles et industrielles, aux flux logistiques, à la politique d'achats. Aucun de ces leviers n'appartient à un seul service, à un seul élu, à un seul prestataire. C'est précisément pour cela que les approches en silo échouent systématiquement.
Ce que montrent les initiatives qui réussissent, c'est le fil conducteur du dossier des Échos, c'est qu'elles reposent toutes sur une gouvernance multiniveau : des parties prenantes aux intérêts divergents, un cadrage clair des priorités, des experts métier capables de traduire les enjeux écologiques en contraintes et opportunités opérationnelles. Experts en agroforesterie, en hydrologie, en batrachologie — la liste peut sembler technique, elle est surtout le reflet de la complexité réelle du vivant.
Pour une PME industrielle implantée en zone humide, ou pour une commune engagée dans une démarche ZAN, le vrai point de blocage n'est pas l'accès à l'information. C'est la capacité à prioriser, à orchestrer les expertises et à ancrer les engagements dans des plans d'action tenables.
Ce que cela change pour les dirigeants et les élus
La bonne nouvelle, c'est que cette méthode s'apprend et s'outille. Elle commence par un diagnostic honnête : quelles sont les dépendances réelles de mon activité ou de mon territoire vis-à-vis des services écosystémiques ? Quels sont les impacts directs et indirects sur le vivant ? Quels risques réglementaires, réputationnels ou opérationnels en découlent à horizon trois à six ans ?
Ce travail de cartographie, mené sérieusement, change le cadre de la décision. Il transforme la biodiversité d'une contrainte subie en un paramètre de pilotage. Il permet aussi d'identifier les coopérations territoriales pertinentes — partenaires industriels, structures intercommunales, associations locales — sans lesquelles les projets les plus ambitieux restent sur le papier ou se trouvent contrecarrés.
Les dirigeants proactifs que nous accompagnons ne sont pas nécessairement les plus grands, ni les mieux dotés en compétences RSE. Ils sont simplement ceux qui ont décidé de regarder le sujet en face, plutôt que d'attendre que la réglementation - et encore plus sûrement les dérives climatiques - les y obligent.
Vous ne savez pas par où commencer ?
Le Diag Mecoa est conçu pour ça : cartographier vos dépendances et impacts biodiversité, identifier vos expositions prioritaires, et poser les bases d'un plan d'action réaliste. Pour les étapes de mise en œuvre, nos managers LUM-Transition interviennent en mode opérationnel, directement intégrés à vos équipes.



