Renaturaliser nos cours d'eau : de l'Assemblée nationale aux territoires

27/2/2026
Renaturaliser nos cours d'eau : de l'Assemblée nationale aux territoires

La France est traversée par plus de 500 000 kilomètres de cours d'eau, mais leur état écologique se dégrade. Face à ce constat alarmant, un rapport parlementaire présenté le 12 novembre 2025 formule des recommandations ambitieuses pour accélérer leur restauration. Au-delà des annonces de l'Assemblée nationale, des projets territoriaux démontrent déjà qu'une gouvernance locale coordonnée peut conjuguer préservation de la biodiversité, adaptation climatique et développement durable.

Un diagnostic national préoccupant

Seulement 43% des cours d'eau français atteignent le "bon état écologique et chimique" défini par la Directive cadre européenne sur l'eau. Cette notion englobe la biodiversité aquatique, la continuité écologique, la structure du lit, la température, la salinité et l'absence de pollutions dangereuses.

L'objectif européen de 100% de cours d'eau en bon état, initialement fixé à 2015, a été reporté successivement à 2021 puis 2027. La mission d'information parlementaire menée par les députés Julie Ozenne et Freddy Sertin formule dix-neuf recommandations pour lever les obstacles qui freinent la restauration : blocages fonciers, contraintes financières, et nécessité d'un portage politique affirmé. La mission évalue le besoin de financement annuel à 500 millions d'euros.

Étendre les missions du Conservatoire du littoral

Parmi les propositions phares du rapport figure l'extension des missions du Conservatoire du littoral aux cours d'eau et espaces rivulaires. Cette nouvelle structure pourrait acquérir et protéger les terres riveraines dans les zones de forte pression foncière pour la production agricole ou forestière. La maîtrise foncière constitue en effet un frein majeur aux projets de restauration.

En Bourgogne-Franche-Comté, le Syndicat de la Vallée de l'Ognon illustre ces enjeux. Ses projets de reméandrement, comme sur le ruisseau du Cassis et le ruisseau de Bard-les-Pesmes à Bresilley (Haute-Saône), combinent suppression d'anciens barrages, restauration du tracé naturel, recharge sédimentaire et reconnexion des zones humides. L'objectif : préserver les populations patrimoniales comme l'écrevisse à pattes blanches tout en renforçant la résilience du territoire face au changement climatique.

L'action territoriale en Normandie : l'exemple de la Touques

Dans le Pays d'Auge, le Syndicat mixte du bassin versant de la Touques coordonne depuis 2007 la restauration de 900 km de cours d'eau à l'échelle du bassin versant. Au-delà du rétablissement de la continuité écologique pour les poissons migrateurs – truites de mer et anguilles –, le syndicat développe un programme bocager : plantation de haies, lutte contre l'érosion et le ruissellement, amélioration de la qualité des captages d'eau potable.

Ces actions intégrées démontrent que la restauration des cours d'eau ne se limite pas à l'écologie : elle participe à la prévention des inondations, à la préservation des sols agricoles et au maintien de la ressource en eau.

Et votre territoire ?

Ces initiatives montrent qu'une gouvernance locale coordonnée peut conjuguer préservation de la biodiversité, adaptation climatique et développement économique durable. Les collectivités territoriales et les entreprises ont aujourd'hui un rôle clé à jouer dans la protection et la restauration des milieux aquatiques.

Chez Mecoa, nous accompagnons PME, ETI et collectivités territoriales dans l'évaluation de leurs risques et opportunités RSE liés aux enjeux environnementaux. La préservation des cours d'eau s'inscrit pleinement dans une démarche RSE cohérente, qui anticipe les évolutions réglementaires et valorise l'engagement territorial.