L'objectif de Zéro Artificialisation Nette transforme progressivement la manière dont les collectivités pensent l'aménagement de leur territoire. L'expérimentation "Objectif ZAN" menée par l'ADEME auprès de 22 territoires depuis 2022 démontre qu'un changement de paradigme est en cours : les sols ne sont plus de simples "hectares à consommer" mais deviennent des ressources à préserver pour leurs fonctions écologiques.
De la vision foncière à la vision fonctionnelle des sols
Comme le soulignait le Haut-Commissariat à la stratégie et au Plan en juillet 2025, les sols sont aujourd'hui "réduits à l'usage qu'on leur attribue ou à leur potentielle constructibilité". L'objectif de Zéro Artificialisation Nette à 2050 impose de passer d'une logique quantitative de consommation d'espace à une approche qualitative centrée sur les fonctions que remplissent les sols.
Pourtant, les collectivités manquent d'outils et de méthodes pour opérationnaliser cette approche. C'est précisément l'enjeu de l'expérimentation menée par l'ADEME avec l'accompagnement de CDC Biodiversité, du Cerema et de la SCET.
La méthode MUSE : cartographier les fonctions des sols
Développée par le Cerema et testée avec trois métropoles partenaires (Nantes, Châteauroux et Aix-Marseille-Provence), la méthode MUSE permet de cartographier la multifonctionnalité potentielle des sols à l'échelle du PLUi. Elle évalue quatre fonctions clés : source de biomasse, régulation du cycle de l'eau, réservoir de carbone organique et réservoir de biodiversité.
Cette approche fournit un porter à connaissance qui permet aux collectivités d'identifier les sols à préserver en priorité, d'éclairer les choix de localisation de l'urbanisation, de prioriser les espaces à renaturer et d'intégrer ces enjeux dans les diagnostics territoriaux des documents d'urbanisme.
Un contexte réglementaire en évolution
Parallèlement, le cadre réglementaire du ZAN fait l'objet d'ajustements. Le projet de loi de simplification de la vie économique, dont une commission mixte paritaire a trouvé un compromis le 20 janvier 2026, prévoit notamment des souplesses pour les implantations stratégiques comme les data centers ou les plateformes industrielles, tout en maintenant l'objectif national de ZAN à horizon 2050.
L'objectif affiché reste double : transformer des procédures d'autorisation en simples déclarations pour alléger la charge administrative, tout en permettant aux territoires de mieux prendre en compte leurs spécificités et besoins de développement.
Pourquoi c'est stratégique pour votre collectivité
Anticiper la contrainte réglementaire en intégrant dès maintenant la qualité des sols dans vos documents d'urbanisme constitue le premier levier d'action. Optimiser vos décisions d'aménagement en préservant les sols fonctionnels et en priorisant la renaturation des espaces dégradés représente le second avantage.
Sécuriser vos projets en intégrant la qualité des sols dès la planification permet d'éviter les blocages ultérieurs. Enfin, répondre aux enjeux climatiques devient plus concret : des sols fonctionnels sont des alliés essentiels pour la résilience territoriale face au changement climatique.
Les défis identifiés par l'expérimentation
L'accompagnement reste nécessaire pour les collectivités manquant d'ingénierie territoriale. La pédagogie auprès des élus et des habitants constitue un enjeu majeur pour l'appropriation de ces nouvelles approches. Le renforcement de la diffusion des données "sol" doit également être poursuivi pour faciliter le déploiement de ces méthodes sur l'ensemble du territoire.
Mecoa accompagne les territoires
Chez Mecoa, nous accompagnons les collectivités territoriales dans l'élaboration de leur stratégie ZAN. L'outil de diagnostic que nous éditons peut vous aider à identifier vos priorités d'action et à construire votre feuille de route en intégrant la qualité des sols.



