Planter des massifs fleuris pour aider les pollinisateurs ? C'est un bon début, mais largement insuffisant. La protection des insectes pollinisateurs nécessite une approche globale qui prend en compte l'ensemble de leur cycle de vie : un support pour pondre, de la nourriture pour les larves, un refuge pour l'hiver. La plateforme Pollinisateurs.com, portée par l'Office français de la biodiversité et l'association ARTHROPOLOGIA, rappelle l'importance de penser en termes d'habitats complets plutôt que de simples ressources florales.
Comprendre les besoins des pollinisateurs
La France abrite plus de 1 000 espèces d'abeilles sauvages et environ 20 000 espèces d'insectes floricoles. Chacune possède des besoins spécifiques qui vont bien au-delà du nectar et du pollen. Un chiffre illustre cette diversité : 70% des abeilles sauvages nichent dans le sol. Protéger les pollinisateurs, c'est donc préserver l'ensemble de leur écosystème.
Quelques exemples révélateurs : le Tabac d'Espagne pond sur les écorces et sa chenille hiverne dans les anfractuosités d'arbres avant de se nourrir de violettes. L'anthocope des coquelicots tapisse ses galeries de pétales rouges. Le lepture porte-cœur a besoin de bois mort de chêne pour ses larves. L'éristale des fleurs pond dans des cavités d'arbres remplies d'eau. Cette diversité de besoins implique une mosaïque d'habitats complémentaires.
Une mosaïque d'habitats indispensables
Les prairies offrent bien plus que des fleurs : graminées pour la ponte, tiges sèches pour la nidification, végétation basse pour l'hivernage. Les friches hébergent une biodiversité remarquable : une étude menée en Seine-Saint-Denis a recensé 160 espèces de pollinisateurs sur une seule friche, démontrant la valeur écologique de ces espaces souvent considérés comme dégradés.
Les haies et forêts diversifiées fournissent pollen, nectar, sites de ponte, bois mort et points d'eau. Les zones humides sont cruciales pour des espèces spécialisées comme la mélitte de la salicaire, qui prélève du pollen uniquement dans les fleurs roses de la salicaire, ou le cuivré des marais, papillon protégé des prairies humides.
Agir concrètement sur votre territoire
Collectivités territoriales et entreprises peuvent jouer un rôle déterminant dans la protection des pollinisateurs. Plusieurs leviers d'action s'offrent à elles : cartographier les habitats existants via un Atlas de Biodiversité Communale, identifier les corridors écologiques en considérant les trames verte, bleue, brune et noire, privilégier les plantes indigènes et la végétation spontanée, et adapter la gestion en limitant la fréquence de fauche et de tonte tout en variant les zones d'intervention.
Ces actions s'inscrivent dans une démarche RSE cohérente. La préservation de la biodiversité répond à des enjeux réglementaires croissants, notamment dans le cadre de la CSRD qui impose aux entreprises de rendre compte de leur impact environnemental.
Mecoa vous accompagne
Chez Mecoa, nous accompagnons les collectivités et les entreprises dans l'évaluation de leurs risques et opportunités RSE. L'outil de diagnostic que nous éditons peut vous aider à identifier vos priorités d'action et à construire votre feuille de route, y compris pour protéger les pollinisateurs.



